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30 nuances de blanc, de rouge… ou de vert?

imagesY2CAMP1QTexte de Michel Fradette, chroniqueur MOD4x4.com

L’éclairage idéal en sentier de nuit

La fameuse mode des barres de LED me fait bien rire. Un jour, il faudra m’expliquer d’où provient ce désir d’essayer de faire le jour dans la nuit. On dirait que le « trip » actuel est d’avoir le plus puissant système d’éclairage sur son 4×4. Pourtant, rare sont ceux qui font de la trail de nuit. De plus, entre vous et moi, la dernière chose que l’on veut, lorsque l’on fait une trail de nuit, c’est que le gars en arrière de nous vienne nous aveugler dans nos miroirs avec ses lumières! En tout cas, moi, la première chose que je cherche à faire, la nuit dans le bois, c’est de me servir d’un éclairage minimum dans le but que mes yeux s’adaptent le plus rapidement possible à la noirceur. Alors, quand un comique vient me foutre une barre de LED en plein visage, je ne peux pas dire que je « trip » sur son « trip ».

La dynamique de l’œil humain

L’oeil  est  un  organe  que  nous  utilisons  généralement  très  mal,  surtout  lors  d’observations nocturnes.  Il  a  en  effet  la  faculté  de  bien  voir  la  nuit,  mais  il  a  besoin  d’un  délai  d’adaptation  relativement  important.  Au  cours  de  l’adaptation,  la  pupille  s’ouvre,  son  diamètre pouvant passer de 2 à 8 mm, ce qui permet de faire passer, à pleine ouverture,  environ 16 fois plus de lumière qu’en plein jour.

Cette  ouverture  de  la  pupille  n’est  pas  la  seule  adaptation  à  l’obscurité.  La  surface  sensible  de  notre  oeil,  la  rétine,  est  tapissée  de  deux  types  de  cellules  réceptrices.  Les  cônes,  sensibles  aux  couleurs,  s’adaptent  rapidement  aux  éclairements  forts.  Les  bâtonnets s’adaptent, eux, très lentement aux éclairements faibles mais sont peu sensibles  aux couleurs.

Après  plusieurs  dizaines  de  minutes  d’adaptation  l’oeil  est  capable  de  détecter  des  éclairements un milliard de fois plus faibles que ceux qu’il enregistre en pleine lumière. Il est donc indispensable d’être patient et d’entraîner son oeil à la vision nocturne si l’on veut en  tirer le meilleur parti. Il suffit de rester dans l’obscurité une bonne dizaine de minutes pour  percevoir un net progrès de l’adaptation.

De  plus,  suivant  que  l’on  regarde  un  objet  de  jour  (fort  éclairement)  ou  de  nuit  (faible  éclairement), le pic de sensibilité n’est pas situé au même endroit. Le maximum se situe à  555 nm (jaune vert) le  jour  et à 505 nm (vert) la  nuit. Ceci vient du fait que la  rétine  est  formée de cônes (6.5 millions) et de bâtonnets (125 millions).

Les cônes (2.5 μm de diamètre) sont principalement utilisés le jour, sont très sensibles à la  couleur et sont disposés principalement au centre, les bâtonnets sont utilisés pour la vision  nocturne  est  sont  plus  denses  en  pourtour  de  rétine.  Les  bâtonnets  sont  très  sensibles  à  l’éclairement mais restituent mal les couleurs : la nuit tous les chats sont gris mais on peut  détecter une bougie à 27 km.

Combien de temps ça prend pour acclimater un œil qui passe d’un plein éclairage blanc à la noirceur?

La vision de jour est quasi instantanée (passer d’une pièce sombre à une pièce claire ne  prend que quelques secondes maximum à l’œil pour s’acclimater). Mais le passage de la  vision de jour à la vison de nuit prend plusieurs minutes. C’est pourquoi il est important de  laisser le temps à l’œil de s’acclimater. En général, on compte environ ¼ heure minimum  pour cela.

30 nuances de blanc?

En fait, le meilleur éclairage en sentier la nuit n’est assurément pas la super méga barre de LED de 390 pouces! Pour se dire les vraies affaires, il n’y a pas pire que l’éclairage blanc pour briser la vision naturelle de l’œil humain à la noirceur. Bref, une fois que votre œil s’est pleinement adapté à la noirceur (environ 10-15 minutes), si votre regard croise un seul flash de lumière blanche, le travail d’adaptation de l’œil repart à zéro. Ça revient à dire que dans une trail de nuit, le seul moment où votre œil peut s’adapter correctement, c’est lorsque vous vous enfoncez suffisamment dans le bois pour faire un… numéro 2.

Alors, pourquoi pas 30 nuances de rouge?

Au début des études sur ces phénomènes de la vision nocturne, dans les années 1920, on a mis en évidence la moindre sensibilité des bâtonnets au rouge et, par similitude avec les pellicules photographiques « noir et blanc » de l’époque, émis l’idée que la lumière rouge ne dégradait pas la vision nocturne. Cette théorie a été à l’origine de l’utilisation d’un éclairage rouge pour faciliter et maintenir l’adaptation à l’obscurité. Et pour vous dire la vérité, j’ai moi-même cru longtemps que tel était le cas. Jusqu’à ce que je commence à faire de la recherche sur le sujet dans le but de me doter du meilleur éclairage hors route possible (pour un éventuel « trip » en région très éloignée).

Cette solution était valable pour les avions de l’époque, qui se pilotaient « aux fesses », sans lecture d’instruments. Elle a commencé à trouver ses limites pendant la seconde guerre mondiale avec les bombardements de nuit qui exigeaient le vol aux instruments. En effet, pour pouvoir lire les instruments, il est nécessaire de faire appel aux cônes qui permettent d’avoir une définition visuelle suffisante. Par ailleurs le centre de la rétine où l’acuité est maximale, est composé exclusivement de cônes, d’où un « trou noir » en vision nocturne.

Donc, si l’on opte pour la l’éclairage rouge, il faudra apporter suffisamment de lumière pour que les cônes distinguent les objets. Il faudra augmenter considérablement l’intensité de la lumière rouge, du fait de la sensibilité diminuée dans l’obscurité, jusqu’à un niveau environ 1000 fois plus élevé que si l’éclairage était vert (ou en lumière blanche). Ceci amène à une dégradation importante de la vitesse d’adaptation à l’obscurité. Un inconvénient supplémentaire est l’impossibilité de voir les annotations rouges sur les cartes.

Même certains participants du KOH se trompent parfois

Ma recherche sur le sujet m’a apporté à être plus intéressé aux détails sur ce sujet. Pour cette raison, j’ai été interpellé par ce détail de l’éclairage lors de la dernière édition du KOH. Effectivement, j’ai constaté que certains participants, lors des épreuves de nuit, avait doté leur véhicule d’un éclairage rouge. Après une petite recherche, j’ai appris que ceux-ci avaient décidé de s’éclairer au rouge justement parce qu’ils croyaient eux aussi encore à la vieille théorie du rouge pour maximiser l’adaptation de l’œil à l’obscurité. Pour vous dire comment cette théorie est encore très tenace.

C-130_night_80030 nuances de vert… la solution!

La solution de l’éclairage vert se répand peu à peu malgré la routine. Un élément nouveau est l’apparition de LED vertes qui permettant de réaliser simplement un éclairage adapté.

Trois exemples, en aéronautique : le tableau de bord de l’Hercules C130H, dernier avion de sa famille à instrumentation analogique, en marine l’éclairage du radier d’un des derniers transports de chalands de débarquement, et le fabricant américain de compas Ritchie qui est passé au vert pour l’éclairage de ses compas.

Pour maintenir une acuité visuelle optimale de nuit tout en permettant la vision de petits objets, il est nécessaire d’utiliser le strict minimum d’éclairage pour activer suffisamment les cônes de la rétine. Ceci sera obtenu de préférence par un éclairage vert, contrairement à des habitudes tenaces.

Cette solution est même parvenue jusque chez Microsoft, puisque sur le logiciel Autoroute, si on demande l’affichage de nuit, on obtient un affiche vert!

MicrosoftLandingcraftnight

En conclusion

En conclusion, la tendance et la logique est vers le vert! De toute évidence, la fameuse barre de LED de 98 millions de lumens est assurément l’un des pires partenaires du professionnels en 4×4 hors route… et encore de l’amateur « d’overlanding ».

J’opterai donc, dans mes modifications pour la prochaine saison à l’éclairage vert. Donc, si vous entrevoyez dans la nuit, lors d’un prochain sentier de nuit, un hurluberlu avec un éclairage vert sur son 4×4… vous saurez de qui il s’agit.

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6 Commentaires

  1. dany dit :

    Très bonne article et totalement vrai…mon jeep est très peu iluminer due au fait que je roule rarement de nuit…et le peux de fois c est arrivé j ai détesté etre aveuglé.je supose que l on doit retrouver sur le marcher des filtre vert pour ces leds si populaire

  2. Toxikfever dit :

    Moi je suis déjà vendu depuis un certains temps au vert !!!

  3. Toxikfever dit :

    Très intéressant cet article Michel, je suis un believer !!

  4. Maxime dit :

    Votre article est intéressant, je comprends très bien l’effet des nuance rouge ou verte.Je fais beaucoup de route la nuit et de la trail la nuit et oui j’ai des led sur mon véhicule et j’adore cela surtout pour avoir vision à longue porté mais la ou je bloc c’est que quand je fais de la trail et je suis un autre véhicule mes led son fermer alors que si je suis le trail leader j’aime bien voir au loin question de prévoir.Au point vue intérieur de l’habitacle oui c’est mieux d’avoir un éclairage verte ou rouge sa fatigue moin l’oeil. Mais je n’ai jamais vue d’éclairage verte ou rouge qui va pousser assez loin pour que je puisse prévenir ce qui s’en vien droit devant au loin.J’aimerais bien voir c’est étude et comparatif sur la porter de vos dire et pourquoi des compagnie compagnie comme rigid industrie, speakers ou même Aurora ce force à développer encore plus de produit afin d’améliorer la visibilité en milieu nocturne.

  5. Michel Fradette dit :

    Bonjour Maxime,

    Dans un premier temps, j’aimerais vous remercier pour votre commentaire sur mon article. La discussion est toujours intéressante.

    J’aimerais premièrement apporter une précision. Mon article n’a pas pour objectif d’identifier le meilleur éclairage pour obtenir la plus grande portée. Si tel est le cas, il est évident que la lumière « blanche » ou « claire » demeure l’option imbattable. En fait, l’objectif de mon article vise plutôt à identifier la couleur d’éclairage qui optimise la vision de nuit tout en diminuant au maximum l’effet d’aveuglement.

    Les recherches actuelles sur le sujet démontrent que la lumière verte (ou bleu vert pour être plus précis) offre le meilleur rapport « portée d’éclairage, définition du détail et diminution de l’aveuglement). Vous pouvez d’ailleurs porter attention aux instruments ou matériel militaire pour vous en convaincre.

    Je dois aussi vous dire que je suis d’accord avec vous concernant vos arguments lorsque vous « guider » un groupe en sentier. À ceci cependant, j’apporterai une précision. Il est important de partager le rôle de « trail leader » et de « guide ». À titre de trail leader (premier du convoi de véhicule), vous n’aveuglé personne et le choix de la lumière blanche est sûrement la plus adaptée si votre désir est de voir « loin ». Cependant, lorsqu’il est question de « guide » en sentier, ce rôle présuppose que vous êtes à l’extérieur de votre véhicule et que, face aux véhicules, vous fournissez les indications nécessaires aux autres conducteurs pour franchir un obstacle. Dans ce cas, il est évident que si les véhicules sont équipés d’un éclairage vert, la théorie démontre que vos yeux souffrirons moins « d’aveuglement » que si vous vous faites éclairer en plein visage par des phares blanc.

    Nous nous entendons aussi sur le point que dans l’habitacle, l’éclairage devrait toujours être vert.

    Ceci dit, plusieurs compagnies spécialisées possèdent actuellement des filtres de différentes couleurs pour apposer sur leurs systèmes d’éclairage. Le filtre vert existe. Malheureusement, j’ai concrètement testé sur mon véhicule le blanc, le rouge et le jaune, mais jamais encore le vert. Ceci ne tardera pas. J’ai tout de même fait certain tests avec des lampes de poche et différents filtres même différentes teintes de vert par exemple. Je peux vous affirmer que la théorie se confirme. Il ne reste qu’à faire un test en vrai… mais un vrai test… un à long terme sur toute une saison dans différents environnements.

    Maintenant, pourquoi les compagnies actuellement porte leur développement vers (et non vert) des systèmes d’éclairage blanc toujours plus puissant? Je ne peux vous répondre avec exactitude. Peut-être tout simplement parce que la demande est supérieure pour de l’éclairage blanc que pour de l’éclairage vert ;)

    J’ai bien hâte de vous revenir avec les conclusions de mes tests à long terme. Mais je suis convaincu que je ne serai pas le seul à faire ce test cet été ;)

    Au plaisir de vous croiser en sentier et de « ne pas vous aveugler » avec mes lumières vertes… :)

  6. Jean-Michel dit :

    De l’éclairage il en faut quand même. Sur mon cj5 j’ai un barre led de 12″ sur mon bumper et c’est parfait. Je vois bcp de monde avec des barre led sur le dessu du windsheild et j’ai toujours été d’avis que c’est le pire emplacement possible car la lumiere se reflette partielement sur le capot et du même coup ébloui le chauffeur et viens rendre très difficil la vision de nuit.

    À l’intérieur du jeep j’avais une grosse lacune, n’ayant pas de  » dome light  » et ayant un éclairage déficient du tableau de bord j’ai installé une bande de led vert qui po être  » Dimmable  » juste en dessous du tube (roll cage) qui traverse le jeep au dessus du tableau de bord. De cette manière j’ai un bon éclairage de nuit et j’arrive a trouver tout les commutateurs facilement la nuit sans perdre trop de ma vision de nuit :)

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